lundi 25 avril 2011

Noam Chomsky sur la manipulation médiatique (stratégies 7 et 8)

Le linguiste Noam Chomsky mentionne 10 Stratégies de manipulation des médias. Je vous fais part ici de la septième et huitième stratégie :

7. Maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l'éducation offerte aux classes sociales inférieures doit être la plus pauvre et la plus médiocre possible, de façon à donner l’illusion que la distance entre les classes inférieures et les classes sociales supérieures paraît impossible à franchir pour les classes inférieures (voir “Armes silencieuses pour guerres tranquilles”).

8. Stimuler le public à être complaisant avec la médiocrité
Encourager le public à croire que le fait d'être stupide, vulgaire et inculte est à la mode.

AlphabétiZation

Au milieu des années 1980, nous sommes allés aux bureaux locaux du ministère de l'Éducation pour proposer de combiner les efforts de nos bibliothèques rurales aux leurs dans une grande campagne d'alphabétisation.
Le fonctionnaire qui nous a reçu ne nous a pas permis de terminer d’expliquer notre proposition : « Notre gouvernement a déjà son propre programme » –nous dit-il avec suffisance– « et à la fin de cette année, il n'y aura plus aucun analphabète dans le département de Cajamarca ».
Donc, ils nous ont jetés du bureau sans bonnes manières.
 
Quelques mois après cet incident, le Plan national multisectoriel d'alphabétisation publia quelques brochures à l’aide de fonds de l'OEA [Organisation des États américains] pour son projet d'alphabétisation. Ils avaient copié –sans même avoir la gentillesse de nous consulter– le nom de notre série « Biblioteca Campesina » et ils avaient plagié le logo de la page couverture et même le type et la taille de police de nos publications.

À la fin de cette année, bien sûr, ce tour de passe-passe n'avait pas fait varier le nombre d'analphabètes.
Depuis, il y a eu plusieurs gouvernements et plusieurs de campagnes officielles d'alphabétisation. Il semble que le défi continue d'être d'avoir plusieurs éduqués incultes au détriment de savants analphabètes. Parce qu'apprendre à lire et à écrire ne signifient pas seulement comprendre les textes, mais bien d’être en mesure d’appliquer les connaissances aux différents contextes.

Permis pour céramistes

Bien que l'Association des céramistes Les Chankas, de Chancay utilisait depuis un certain temps nos livres d'iconographie de Cajamarca pour reproduire des images dans leurs travaux, cette année ils nous ont formellement demandé l'autorisation pour faire usage de ces images.
Cette délicatesse nous a réjouis, parce que depuis plusieurs d'années, tant des orfèvres comme des artistes et des tisseurs, en passant par infographistes et des sérigraphes, ont utilisé nos publications pour illustrer leurs travaux en outrepassant les droits d’auteur.

Quand il y a années, une étudiante en tourisme a demandé aux artisans et commerçants de la ville de Cajamarca pourquoi ils n'avaient pas demandé l'autorisation en bonne et due forme, ceux-ci leur ont répondu : « Ces images n'appartiennent à personne parce qu’elles sont dans les pierres ». Bien sûr, mais quelqu'un a travaillé pour situer ces images, les photographier, les calquer et les dessiner, les digitaliser, pour ensuite les publier et diffuser les livres.

De toute façon, le pire qui puisse arriver serait que les images soient reproduites sans aucun intérêt pour le sujet. C’est donc pour cette raison que nous saluons l'initiative des céramistes de Chancay et –comme nous leur avons déjà fait savoir– nous leur demandons d'affirmer la valeur de ces manifestations, ainsi que de protéger notre patrimoine culturel et naturel, en ouvrant la possibilité d'initier une compilation graphique de l'iconographie héritée de nos ancêtres dans la région de la province de San Marcos.

mardi 5 avril 2011

Allumer des lectures sans éteindre de cultures

« Allumer des lectures sans éteindre de cultures : l'expérience du Réseau de bibliothèques rurales de Cajamarca » fut le nom de la conférence donnée par Alfredo Mires Ortiz, conseiller de notre Réseau, lors du séminaire «  Les défis et les réponses de l’Amérique latine », réalisé à Lima il y a deux ans.
Le nom de cette conférence nous a été sollicité par le professeur Antonio Goicochea Cruzado, pour l’utiliser comme titre d’une sélection de textes littéraires de la Province de Cajamarca.
Notre Réseau –et Alfredo Mires en tant qu’auteur du titre et de la conférence– a donner leur permission et le livre a été déjà publié par l'Organisation des États ibéro-américains pour l'éducation, la science et la culture.
Nous saluons l'initiative du professeur Goicochea pour publier ce livre qui sera distribué entre les écoles des provinces de Cajamarca.

 

Une vidéo sous-titrée en anglais

La vidéo en progression et réalisée par notre ami Pier Paolo Giarolo sur le Réseau de bibliothèques rurales de Cajamarca a maintenant une version sous-titrée en anglais : http://vimeo.com/21726471
Nous exprimons notre gratitude à Charles Bárcenas, Helen Heery, Jacqueline Herman et Netty Kamp pour la traduction récente.

Nous profitons pour vous rappeler que la version en espagnol et sans des sous-titres est disponible à cette adresse : http://www.vimeo.com/15828238
La version sous-titrée en allemand est disponible à cette adresse : http://vimeo.com/17525536
La version sous-titrée en français est disponible à cette adresse : http://www.vimeo.com/15831981
La version sous-titrée en italien est disponible à cette adresse : http://www.vimeo.com/15895474



mardi 8 février 2011

Carabaya

Notre ami Rainer Hostnig nous a envoyé son excellent livre « Carabaya: le paysage et la culture milénaire».

Publié en septembre 2010 sous les auspices de la municipalité provinciale de Carabaya et le gouvernement de l'État de Vorarlberg (Autriche), les 328 pages de cet ouvrage exceptionnel est un véritable hommage au travail sérieux, à la beauté révélée dans la photographie et à un travail minutieux de rédaction.

Rainer a donné d'innombrables exemples de sa véritable passion pour le Pérou avec la publication de l'inventaire national d'art rupestre en 2003, de « Les pétroglyphes Chaquimayo Boca, San Gaban » en 2008, de « L'art rupestre de Carabaya » et de divers travaux liés à la région du sud du pays. En 2004, avec l'achèvement du Premier symposium d’Art rupestre qui s'est tenue à Cuzco, les bases ont été jetées. Cet événement s’est répliqué tous les deux ans dans d'autres départements du Pérou.

Merci, Rainer, pour ce généreux cheminement.

mercredi 29 décembre 2010

Les bibliothèques publiques, d'hier à aujourd'hui

En révisant un exemplaire ancien de la revue Fénix de la Bibliothèque Nationale du Pérou, j'ai trouvé deux articles parmi plusieurs autres sur des bibliothèques publiques à Lima et dans les différentes provinces, en référence à Piura et qui montrent deux attitudes opposées et très significatives face la nécessité de la lecture chez les Péruviens.
La Bibliothèque municipale d'Ayabaca, fondée en 1957, avait un bibliothécaire qui allait de maison en maison en offrant les livres qu'il laissait en dépôt aux familles et après celles-ci les rendaient. Ainsi, il réussit à intéresser beaucoup de personnes qui n'avaient jamais eu de livres à lire. Quelque chose de similaire arriva à partir de 1971 avec les Bibliothèques Rurales de Cajamarca. Pendant ce temps-là, à Catacaos, la Municipalité décida de fermer sa bibliothèque au mois de septembre 1957 en alléguant que la faible affluence d'utilisateurs ne justifiait pas l’« effort » de poursuivre ledit service.
Ces deux exemples continuent de répéter dans tout le pays. Pendant que certains gouvernements locaux intervertissent dans ses bibliothèques, d’autres les ferment pour minimiser les frais. Jusqu'à présent, il y a des municipalités qui ferment leurs bibliothèques entre janvier et mars, justement quand les enfants sont en vacances et quand il serait très opportun de leur offrir des programmes de promotion de lecture.
Nous avons récemment vu une affiche sur la porte d'une bibliothèque dans un hameau de Piura qui disait : « L’accès à aux enfants âgés de moins de 7 ans est défendu ». Si nous ne les stimulons pas à lire : comment et quand apprendront-ils à comprendre ce qu’ils lisent? La compréhension de la lecture ne s’apprend pas dans un cours et ni dans plusieurs, c'est la conséquence logique d'une longue pratique lectrice qui, plus elle commence tôt et joyeusement, plus de succès elle obtiendra.
En attendant, pendant que quelques bibliothécaires s'efforcent d’améliorer leurs services,  d’autres ferment parce que l'on ne peut pas s'engager des travailleurs par plus de onze mois pour ne pas générer d'engagement de travail. Par conséquent, la bibliothèque perd des lecteurs, perd des livres, et chaque année elles recommencent à zéro, sans progrès possibles.
Il faut s'imaginer ce qu’il arrivera quand il n’existe plus de travailleurs nommés et que le rêve des néo-libéraux d'obtenir un état invisible se fasse réalité: les bibliothèques disparaîtront et non à cause d'Internet, comme certains le craignent.

Anahí Baylon Albizu

Un cordial salut en ce temps des Fêtes

Des mots d’encouragement

Le 20 décembre est apparu sur la première page du journal La República l’articule suivant sous le titre « Dynamisme dans d'autres secteurs de Cajamarca » :

Du côté culturel, nous devons souligner le travail du Réseau des bibliothèques rurales de Cajamarca, avec sa présence à travers le pays dans la région, encourageant l'étude, la collecte et la publication de nouveaux volumes de sa bibliothèque et ses études de l'art rupestre et de l'iconographie de Cajamarca. Selon des données récentes, 60 % des lecteurs du Réseau sont des femmes, ce qui confirme le rôle croissant des femmes dans le développement du pays.

Nous sommes reconnaissants de ce commentaire de M. Luis Balcazar Ginocchio qui, à son tour, a eu la gentillesse de se présenter en personne à notre centrale de soutien pour faire un don de livres.

L’assemblée générale

À la mi-décembre a eu lieu l'Assemblée générale de notre Réseau. L'objectif principal était d'évaluer la trajectoire de l'année 2010 et de se préparer à la célébration des 40 ans en 2011, en plus de fixer les bases de 2011-2015. Le Réseau communautaire a fixé quatre lignes directrices pour la prochaine période. Lors de l'Assemblée, nous nous sommes concentrés sur la conversation, le débat, l'examen du travail « quotidien » (visites aux bibliothèques, échange de livres, recueil des fiches de lecteurs, et la formation) et les étapes qui font avancer l'organisation des communautés.

Ce fut très agréable d'avoir la présence de cinq nouveaux coordonnateurs, ainsi que les jeunes comuneros qui se sont intégrés récemment au Réseau. Le Comité permanent du Conseil de coordination s’est réuni avant le début de l'Assemblée générale et a tracé les lignes directrices qui ont marqué la rencontre. L’enthousiasme d’avoir pu partager ces moments nous donne la force de continuer sur la même voie, exigeante et pourtant, toujours renouvelée.

mardi 30 novembre 2010

Agenda 2011

Dans le cadre de la préparation de la célébration des 40 ans de notre Réseau de Bibliothèques Rurales l’année prochaine, nos compagnons Alfredo Mires et Ofelia Vargas ont dessiné l'agenda 2011 (et qui se trouve déjà sous presse) : nous sommes ce que nous sommes [Somos nosotros].

Avec les mois et les jours écrits en quechua et en espagnol, chaque page de cet agenda est illustrée par l'iconographie de Cajamarca (peintures rupestres, lithosculptures, céramiques, etc.) et avec des textes qui encouragent la réflexion, en plus de donner de l’information cruciale sur le contexte.

L'agenda inclut aussi un planificateur annuel, les phases de la lune et quelques pages destinées à un répertoire.

Pukarita

Il y a quelques semaines, en coordination avec le Centre Culturel Yachayhuasi – de la province de Cajabamba–, le Groupe d'Étude de la Préhistoire andine de notre Réseau de bibliothèques a réalisé une marche d'exploration au très ancien centre cérémonial de Pukarita.

Le lieu, assez bien conservé par les difficultés qu’implique l'accès, est l'un des principaux bastions d’art rupestre de Cajamarca, en plus de conserver une faune et une flore qui se trouvent sérieusement menacées de disparition.

Grâce à cette activité, nous nous apprêtons à éditer les données obtenues de cette randonnée, dans un effort de contribuer à la préservation de la mémoire des lieux.