lundi 19 juin 2017

La Terre conte en Colombie



Fin 2016, notre ami et conseiller exécutif du Réseau, Alfredo Mires Ortiz, était invité à la ville colombienne de Medellin pour donner une conférence magistrale lors du lancement du Plan Citoyen de Lecture, écriture et oralité. Nous avons aujourd’hui envie de partager cette conférence intitulée : “La Terre conte : Oralité, lecture et écriture en territoire communautaire”.
(n.d.t: en castillan, il y a un jeu de mot avec l’utilisation de “cuenta”: la terre “compte” et la terre “conte”)

Alfredo a partagé différents thèmes qui se sont regroupés sous les axes suivants : La sensation et la parole ; le désaccord sanglant ; Ecriture ou la coagulation des voix ; Lire: perceptions et descriptions ; Oralités, territoires et recherches ; et En allant. 

On peut voir la vidéo de la conférence – réalisée par le Groupe Didactique et Nouvelles Technologies – par ici: https://www.youtube.com/watch?v=2S4-sOpC4b0
La vidéo inclut la discussion qui s’est déroulée après la conférence. 


Ci-dessous quelques citations lumineuses d’Alfredo:

“Nous sommes aussi en train de perdre la capacité de nous lire nous mêmes. Heureusement, les fourmis ne vont pas à l’école: pour apprendre, il faut guetter et s’étonner en permanence. La terre ne ménage pas ses efforts pour enseigner. Il n’y a pas d’autre chemins que cette jonction, généreuse et fertile, de tous avec tout, entre tous, pour tout. Dans ce pays, ceux qui se souviennent le plus sont les plus oubliés.”

“...Peut-être que le problème n’est pas que la chosification du monde soit dans le fondement des discours hégémoniques, sinon le niveau d’assimilation que les personnes et les communautés ont de ce concept et leurs pratiques prédatrices conséquentes”

“Il se passe que savoir lire et écrire ne nous transforme pas en lecteurs et écrivains. En ce sens, l’école alphabétise mais ne culturise pas.”

“Pendant longtemps la vérité sur notre histoire est arrivée déformée. Et du coup nous subissons les cauchemars de ceux qui n’ont pas de rêves. Nous ne devons pas aspirer aux prospérités sombres quand la fortune de ce continent est dans son sol et son peuple.  Nous n’avons pas à aspirer à des décadences ankylosées si nous sommes héritiers de la fortune de notre propre chemin, avec notre joie authentique, dans notre terre légitime.”