lundi 17 septembre 2018

Reconnaissance II


Dans le cadre des célébrations du 197ème anniversaire de vie institutionnelle, la Bibliothèque nationale du Pérou a attribué la Reconnaissance “Jorge Basadre Grohmann” a Alfredo Mires Ortiz, conseiller exécutif du Réseau de Bibliothèques Rurales de Cajamarca. La cérémonie de reconnaissance des célèbres diffuseurs de la lecture s’est déroulée le 28 août dernier.
 La Ministre de la Culture Patricia Balbuena a été chargée de remettre cette distinction. J’y ai assisté pour représenter Alfredo et recevoir la plaque souvenir et l’arrêté qui matérialisent cette distinction.   
Alfredo, notre cher Ñaupa, a été reconnu pour sa contribution à la promotion des bibliothèques et pour la diffusion de la lecture qu’il réalise depuis de nombreuses années, depuis qu’il a décidé d’accompagner l’initiative pionnière de  R.P. Juan Medcalf, et peu à peu se sont joints à eux des paysans et paysannes cajamarquins engageant peu à peu de plus en plus de communautés.
Avec des devises comme: “Monte lire avec moi frère”; “Lire révèle et rebelle”; ou “En lisant nous sommes plus forts”, le Réseau des Bibliothèques Rurales s’est affirmé dans la campagne cajamarquine et s’est converti en outil de défense de l’identité culturelle et des droits fondamentaux.  
Les traces qu’Alfredo continue à laisser sur son chemin, sont les traces qui montrent un engagement non négociable avec les bibliothèques rurales, avec la campagne, avec la culture cajamarquine: ce sont les traces qui continuerons à accompagner les hommes et femmes de Cajamarca.
Félicitations, Alfredo, pour cette reconnaissance méritée.
Gabriela Hidalgo
Volontaire du Réseau


Lire et guérir


Début septembre, les coordinateurs du Programme communautaire se sont réunis pour la dernière formation de l’année avec un bel enthousiasme.
La diversité des thèmes abordés a fait que nous n’avons pas senti combien peut être difficile l’apprentissage, Toute une matinée nous avons revu les techniques de réhabilitation physique pour les enfants atteints d’une paralysie cérébrale infantile, constatant que le plus important est et sera toujours notre effort, notre créativité et constance en cette tâche.  
Nous avons partagé le film Le discours du Roi, qui montre les difficultés d’un monarque qui pâtit de bégaiement et comment il réussit à les surpasser. Ensemble, nous avons appris aussi à améliorer l’alimentation des enfants aux capacités projetables, enrichissant les plats de quinoa, cacahuète et légumes des jardins potagers. Après nous nous sommes régalés des plats préparés ensemble à travers un riche repas en communauté.  
L’exposé d’ Alfredo Mires sur le thème Lire pour les autres nous a enseigné la valeur de la lecture comme élément guérisseur.  Nous nous imaginions déjà  les enfants du Programme écoutant les contes choisis entre les bras de leurs parents. Nous sommes convaincus que cette combinaison de sagesse et de tendresse peut nous ouvrir des portes et des mondes dans le cadre de la réadaptation.
Avec un cercle de lecture de notre propre édition de Le droit à l’essentiel, nous avons affirmé nos connaissances et notre position en respect de la thématique du Droit des Enfants.
On espère qu’apprendre sera toujours une fête comme aujourd’hui, pour tous les enfants et adultes du monde.


Reconnaissance


Le 28 août 2018, la Bibliothèque Nationale du Pérou pour son 197ème anniversaire, ont rendu hommage à cinq personnes qui ont promu et promeuvent l’accès aux bibliothèques publiques: notre camarade Alfredo Mirez Ortiz, cofondateur et conseiller exécutif du Réseau des Bibliothèques rurales de Cajamarca, était des leurs.
Pour cette date, Alfredo avait déjà des engagements à la campagne, donc il ne put y assister ; notre camarade Gabriela Hidalgo, volontaire du Réseau à Lima, assista à la représentation à sa place.
Nous savons le rôle important qu’Alfredo a tenu et continue à tenir dans ces 47 ans de trajets et chemins du Réseau, pas seulement pour alimenter les envíes de lire les livres et la nature, mais aussi pour l’infatigable suavegarde des traditions orales cajamarquines, la défense de la terre et l’approfondissement de la connaissance de la culture andine ; aussi pour ses travaux essentiels de recherche et d’enseignement sur l’art rupestre, la promotion et la reconnaissance de la sagesse paysanne. Merci infiniment à Alfredo qui nous encourage à continuer en renforçant nos principes.
Ce dernier a envoyé ce message:
“Avec ma plus grande affection, je voulais faire parvenir mon salut pour les 197 ans de la Bibliothèque Nationale du Pérou.
J’accueille votre reconnaissance en mémoire du Père Juan Medcalf et de tous les paysans qui ont fait et rendent possible ce chemin.
Je ne peux être présent physiquement à cette cérémonie pour cause d’engagement que j’avais déjà avec les communautés: c’est dans la campagne de notre pays que le déploiement du bénévolat presse.
Il n’a sans doute jamais été aussi urgent que maintenant de lire avec profondeur notre propre histoire: un lecteur critique en plus est un corrupteur en moins. Et un lecteur conséquent en plus est un habitant de communauté honorable.
Je vous adresse ma gratitude et mes saluts.


Désembellir


En tant que volontaire du Réseau, j’accompagne en certaines occasions les visites qui se Font dans les communautés à la campagne.
Il y a quelques semaines, nous nous rendions dans la province cajamarquine de San Miguel et nous sommes arrivés dans certains des plus beaux villages de la région. Cette beauté résulte non seulement en la qualité de ses habitants et de leurs ancestrales coutumes, mais également de sa situation géographique : dans ces lieux nous pouvons voir comment le soleil se couche tous les jours derrière la mer.
Il y a surtout un un point privilégié, très haut, pour observer le coucher du soleil. Et nous y étions. Mais quelque chose nous a choqués. Sur ce même point où peut se voir ce spectacle merveilleux, une école a été construite: pas une seule fenêtre donne sur le paysage.  

Certains penseraient que sa situation est propice à générer des expériences et apprentissages liés à l’identité profonde des étudiants, mais toutes les portes et les fenêtres sont orientées dans une direction opposée.
Ce type de construction justifie et explique les mots du célèbre écrivain écossais Arthur Conan Doyle: “Quand un tente de s’élever au-dessus de la nature, il se prédispose à tomber en dessous d’elle.
Rumi Mires


dimanche 26 août 2018

Dans les communautés de San Miguel



Nous sommes partis marcher à la rencontre des différentes communautés de la province de San Miguel de Pallaques, pour accompagner le lancement de bibliothèques rurales dans de nouveaux secteurs et voir les possibilités de continuer à croître.
Dans la communauté de Chuad, le professeur Carlos Paredes a maintenant ouvert sa bibliothèque: lui-même est surpris de l’enthousiasme avec lequel les enfants accueillent les livres
Ce travail est toujours une semence qui nécessite beaucoup de soin. Et ainsi, nous marchons, visitant et conversant à Agua Blanca, Miravalles et Niepos.
Nous en profitons pour faire notre offrande à l’imposant Inganchaca et saluer ce site extraordinaire qu’est Paucal, où le grand-père a labouré les roches avec une perfection incroyable: ce sont des empilements de roches qui ne paraissent pas venir d’une carrière, ils n’ont pas les imperfections ni les veines d’autre grain ni minerai… et les angles sont d’une telle exactitude qu’ils ouvrent une infinité de questions.
Il faut se rappeler une fois de plus ce vieux proverbe qui dit “C’est incroyable tout ce que nous avons besoin de savoir pour comprendre que nous savons peu”.




Ramiro ressuscité


Il y a quelques semaines à peine, notre compagnon Ramiro Yglesias, habitant de la communauté et  Coordinateur de la Hoyada Verde, dans la province de Contumazá, est sorti à l’aube pour rendre visite à une zone où les bibliothèques ont besoin d’être réanimées. Dans l’un des virages de la route, la voiture=collectivo dans laquelle il était est tombée dans le ravin. Deux des cinq passagers ont trouvé la mort. Ramiro a été gravement blessé. Pour cette assemblée de notre réseau, Ramiro nous a téléphoné, nous avons mis le haut-parleur et il nous a lu un poème qu’il avait écrit:

L’histoire de mon destin

La historia que he pasado          L’histoire qui s’est passée
ha tocado el corazón                 A touché le coeur
y no estar con los amigos          Et ne pas être avec les amis
es una desolación.                     Est une désolation

La vida nos trae penas              La vie nous apporte des peines
y también mucha alegría           Et aussi beaucoup de joie
siempre tengo la esperanza       J’ai toujours l’espoir      
de estar juntos algún día.          D’être avec vous un de ces jours

Hoy que nací de nuevo              Aujourd’hui que je nais à nouveau
empieza una nueva vida            Commence une autre vie
con el consuelo de ustedes         Avec vos consolations   
creo que calma la herida.           Je crois que la blessure se calme.

No solo para curarse                 Pour se soigner, pas seulement
se necesita la ciencia                 Se nécessite la science 
las flores también nos curan       Les fleurs aussi nous soignent   
cuando de uno se acuerdan.       Quand on se rappelle de l’une d’entre elles

Mis bibliotecas qué harán           Mes bibliothèques que vont-elles faire
cuando ya no las visito              Maintenant que je ne les visite plus
ya no alcanzo las planillas          Je ne remplis plus les cahiers
porque me encuentro enfermito. Parce que je suis malade

Por último me despido               Pour finir je vous dis au revoir
pues no vayan a llorar               Ne vous mettez pas à pleurer
mis saludos para ustedes           Mes saluts pour vous
en la oficina central.                  Au bureau central.        

Nous sommes ici mais aussi la-bas avec toi Ramiro!


En nous décrivant



Quelques questions sur le plus beau, sur ce que nous nous rappelons toujours: les animaux, les plantes, les apus, les sources d’eau et les chemins que nous parcourons, ont animé l’élaboration de dessins des différentes communautés rurales de Cajamarca.
Les bibliothécaires du Réseau ont montré leur communauté pleines de couleurs, textures et odeurs, emplies de cœur et d’âme, de vie et d’espoir.
Merci beaucoup, famille communautaire du Réseau !






Groupe de bibliothécaires


Qui de mieux pour analyser la conjoncture actuelle que nos bibliothécaires ruraux, paysans des communautés, et en plus, du Département le plus pauvre du pays.
Pendant l’Assemblée, s’est formé un groupe, animé par notre coordinatrice de Jaen, Elizabeth Olano, auquel ont participé les coordinateurs Lino Gálvez, de la communauté El Ahijadero, dans la province de Hualgayoc; Jesús Fernández, de Huamachuco, Département de La Libertad; Javier Huamán Lara, de Alto Perú, Bambamarca, et Jorge Carrasco, de San Juan de Cutervo.
Ils ont mis en débat, en vue des élections provinciales qui approchent, les problèmes de la corruption et de pollution et les changements de la production à la campagne dus au changement climatique.


La Fête de l'échange



Après notre All’Pata Paguikun –l’offrande à la terre, aux montagnes et aux défunts – l’Assemblée de Bibliothécaires a donné naissance à la Fête de l’échange: les livres apportés de la campagne, la sélection d’autres livres à ramener, l’enregistrement dans les registres de lecture, les rapports des coordinateurs, le désir d’apporter des livres pour les cercles de lecture,
Tout cela fait partie de cette journée où les livres, les titres, les fiches d’échanges et la demande de plus de livres, donnent une atmosphère pleine d’enthousiasme et d’espoir pour continuer le digne travail volontaire des bibliothèques de la campagne.


Evaluer les avancées



Nous avons réuni une soixantaine de personnes qui sont arrivés de différentes provinces de Cajamarca y également de Huamachuco, La Libertad.
Soulignons la présence d’un groupe de jeunes de Jaen, de l’institut supérieur pédagogique, qui motivés par les tâches des bibliothèques rurales, reviennent pour approfondir et continuer à apprendre et à désapprendre ; nous avons eu la présence de Luis Vílchez qui accompagne les travaux bibliothècaires de son grand-père, notre coordinateur vétéran  Antonio Vílchez.
On était ravi de compter sur la présence de camarades qui sont venus comme lecteurs accompagnant, nouveaux bibliothécaires ou coordinateurs dans les provinces de provincias de Cajabamba, Celendín, Chota, et San Marcos.
Les membres du Réseau des Bibliothèques rurales, en binôme, ont évalué les avancées ; sous forme de gouttes de pluie ont été montrées les actions les plus importantes et les sketches après ont révélé l’empreinte de nos humbles mais constants pas à la campagne. Nous nous réjouissons de continuer à avancer.


L'Encyclopédie paysanne



C’est l’espace pour partager les tâches de sauvegarde que nous venons réaliser dans les communautés paysannes et dans certaines institutions éducatives. Ce sont des moments d’apprentissage autour d’une pensée divergente, comme pour converser et échanger sur le processus de décolonisation. Cette fois aussi nous avons abordé avec enthousiasme la lecture, l’éducation, l’oralité et les temps dans la tradition orale.
Pendant d’autres moments, nous nous sommes dédiés aussi à la signification de sauvegarder/collecter et repartir du début jusqu’à approfondir les sujets, connaître le contexte, les moyens utilisés, les stimulis et la considération de l’atmosphère ambiante pour les réaliser.  

Il y a eu de l’espace pour réfléchir, observer et évaluer les actions à entreprendre et penser aux objectifs et défis du Projet de l’Encyclopédie Paysanne.
La démonstration des jeux à la campagne nous a démontré la richesse de la présence simple et sensitive des manières de jouer à la campagne. La sauvegarde des paroles propres va configurer un vocabulaire cajamarquin étendu, patrimoine inégalable de nos communautés. Et la collecte des biens et richesses de la tradition cajamarquine nous montre les différences conceptions que nous avons, dans la société, de la fortune et de la chance.
Cela serait une conception digne d’être étendue dans le monde entier !

La Rencontre de l’Encyclopédie Paysanne nous réinvite  à continuer à chercher, sauvegarder et comme dit notre compagnon Alfredo, Directeur du Projt: “Continuer d’exalter notre propre culture, respecter les différences et restituer la fierté de la communauté ; s’obstiner dans la désaliénation et l’affirmation culturelle ; et lire les textes à travers le monde pour revenir au monde”.  





dimanche 19 août 2018

Rencontre et assemblée



Il y a seulement quelques jours nous avons eu la Rencontre du Projet de l’Encyclopédie Paysanne et l’Assemblée générale du Réseau des Bibliothèques rurales de Cajamarca.
Dans notre siège central, était réunie la famille nombreuse communautaire=bibliothécaire, avec des contes et mémoires vivantes, livres et lectures.
Cela a été comme toujours des moments extraordinaires d’apprentissage et de réflexion ; il s’est transmis la sagesse de l’éducation, le respect pour tout ce qui vit, la chaleur des enseignements mutuels
Pendant ces jours, où les exploitants agricoles andins qui restent réaffirment leurs convictions, leurs enthousiasmes et leurs courages.
Ces moments réavivent les solidarités qui nous Font plus forts, plus heureux, plus persistants: parce que nous sommes plus forts si nous sommes ensemble. Parce qu’une accolade est faite de plusieurs bras.