jeudi 31 janvier 2019

Volontariat et engagement


 

Gaviota Castro, Hasbleidy Rivera, Mayra Sánchez, Paula Castellanos et Sara Ríos, une équipe de jeunes bibliothècaires colombiennes, sont arrivées au milieu de ce mois pour s’engager comme volontaire au sein de notre communauté.  
Elles sont un exemple d’inspiration et d’espoir pour apprendre et approfondir ; dans leur demande de volontariat elles nous ont honorés avec leurs paroles « Nous savons que l’expérience que nous avons comme volontaire à Cajamarca va nous nourrir et enrichir notre quotidien ». Ainsi elles se sont intégrées à la famille, avec joie, dévouement et simplicité. Mais surtout, avec l’engagement du volontaire: elles viennent démontrer leur professionalisme, accompagnant diverses activités du bureau et visitant nos bibliothèques dans certaines communautés.
Bienvenue, équipe :votre présence est enthousiasmante et nous apprend beaucoup. Nous savons que nous ne sommes pas seuls, que vous aussi vous faites votre part dans des communautés amies.
Ce temps ensemble est pour nous une opportunité de partager, pour apprendre et désapprendre. 


 

A l'horizon


Cela fait quelque temps qe notre ami Daniel Canosa d’Argentine a fait parvenir une lettre à Alfredo Mirez, responsable de notre réseau. Sa parole est si gratifiante et généreuse que nous lui avons demandé si nous pouvions la partager. En voici un fragment:

Le parcours qu’ont suivi tes compatriotes cette année avec les bilbiothèques rurales de Cajamarca a été incroyable, un exemple inclassable de ce que signifie rapprocher la culture dans les villages éloignés, et, plus que ça, construire son propre savoir.
Vous représentez cette lumière au bout du chemin qui guide au milieu des fréquents découragements. Chaque fois que je dois trouver des motivations qui en valent la peine, Cajamarca apparaît toujours à l’horizon. Que cela continue ainsi. Je vous embrasse et vous souhaite mes meilleurs voeux. J’espère de tout coeur que vous pourrez profiter d’une cérémonie sereine et heureuse, que vous poursuivrez ce merveilleux chemin ensemble avec les bibliothèques rurales.
Je pense toujours que les pas des compatriotes de Cajamarca, ceux dans lesquels tu as toujours été présent, donneront de l’espoir aux autres, que comme bibliothécaires nous avons un bon exemple pour continuer à apprendre, et j’espère que jamais vous ne cesserez de cheminer de cette manière.
Mes voeux les meilleurs, un grand salut et merci de partager ton message. A la prochaine ¡
Daniel
Venant de l’exemplaire et excellent travail que Daniel fait vivre et déploie, c’est un bel encouragement qu’il nous transmet. 

 

Lectures: Paco Yunque




En à peine quelques vingt pages, le grand écrivain et poète péruvien Cesar Vallejo réussit à rendre compte au lecteur de la vie d’un enfant de la campagne qui arrive dans cet étrange lieu où les enfants sont enfermés dans une pièce, en face d’un tableau, avec les fenêtres hautes pour éviter toute distraction et assurer, comme beaucoup le croient, l’apprentissage.
“Paco était aussi déconcerté parce qu’à la campagne, il n’entendait jamais autant de voix s’exprimer en meme temps. A la campagne, une première personne parlait d’abord, puis une autre , puis une autre et encore une autre”.
Comment ce lieu peut assourdir les enfants qui sont nés et ont grandi face à la montagne, semant à la ferme, jouant autor des arbres ou s’occupant des cochons d’inde, des poules, des moutons ; regardant les nuages, et s’occupant des puquios (réseaux d’irrigation ancestraux).  
Quelle désolation peuvent ressentir les enfants quand ils sont soumis à des moqueries et mauvais traitements par d’autres enfants de leur âge parce qu’ils sont fils de riches, propriétaires d’haciendas, puissants ou citadins abusifs.
“Yunque ne dit rien, Monsieur, parce que Huberto Grieve le bat, parce qu’il  est son garçon et vit dans sa maison.
Et il faut s’indigner des abus, des injustices et exclusions. Parce que personne n’est plus que personne et l’école ne pourrait et ne devrait être cet endroit où la moquerie et la peur dominent partout.
L’école ne devrait pas être un lieu de réclusion et d’invisibilité des plus humbles, des plus bienveillants, des plus dignes. L’école, en plus d’être la campagne même, doit naître d’elle: apprendre de et avec la Nature, la première maîtresse que nous avons tous.