dimanche 26 août 2018

Groupe de bibliothécaires


Qui de mieux pour analyser la conjoncture actuelle que nos bibliothécaires ruraux, paysans des communautés, et en plus, du Département le plus pauvre du pays.
Pendant l’Assemblée, s’est formé un groupe, animé par notre coordinatrice de Jaen, Elizabeth Olano, auquel ont participé les coordinateurs Lino Gálvez, de la communauté El Ahijadero, dans la province de Hualgayoc; Jesús Fernández, de Huamachuco, Département de La Libertad; Javier Huamán Lara, de Alto Perú, Bambamarca, et Jorge Carrasco, de San Juan de Cutervo.
Ils ont mis en débat, en vue des élections provinciales qui approchent, les problèmes de la corruption et de pollution et les changements de la production à la campagne dus au changement climatique.


La Fête de l'échange



Après notre All’Pata Paguikun –l’offrande à la terre, aux montagnes et aux défunts – l’Assemblée de Bibliothécaires a donné naissance à la Fête de l’échange: les livres apportés de la campagne, la sélection d’autres livres à ramener, l’enregistrement dans les registres de lecture, les rapports des coordinateurs, le désir d’apporter des livres pour les cercles de lecture,
Tout cela fait partie de cette journée où les livres, les titres, les fiches d’échanges et la demande de plus de livres, donnent une atmosphère pleine d’enthousiasme et d’espoir pour continuer le digne travail volontaire des bibliothèques de la campagne.


Evaluer les avancées



Nous avons réuni une soixantaine de personnes qui sont arrivés de différentes provinces de Cajamarca y également de Huamachuco, La Libertad.
Soulignons la présence d’un groupe de jeunes de Jaen, de l’institut supérieur pédagogique, qui motivés par les tâches des bibliothèques rurales, reviennent pour approfondir et continuer à apprendre et à désapprendre ; nous avons eu la présence de Luis Vílchez qui accompagne les travaux bibliothècaires de son grand-père, notre coordinateur vétéran  Antonio Vílchez.
On était ravi de compter sur la présence de camarades qui sont venus comme lecteurs accompagnant, nouveaux bibliothécaires ou coordinateurs dans les provinces de provincias de Cajabamba, Celendín, Chota, et San Marcos.
Les membres du Réseau des Bibliothèques rurales, en binôme, ont évalué les avancées ; sous forme de gouttes de pluie ont été montrées les actions les plus importantes et les sketches après ont révélé l’empreinte de nos humbles mais constants pas à la campagne. Nous nous réjouissons de continuer à avancer.


L'Encyclopédie paysanne



C’est l’espace pour partager les tâches de sauvegarde que nous venons réaliser dans les communautés paysannes et dans certaines institutions éducatives. Ce sont des moments d’apprentissage autour d’une pensée divergente, comme pour converser et échanger sur le processus de décolonisation. Cette fois aussi nous avons abordé avec enthousiasme la lecture, l’éducation, l’oralité et les temps dans la tradition orale.
Pendant d’autres moments, nous nous sommes dédiés aussi à la signification de sauvegarder/collecter et repartir du début jusqu’à approfondir les sujets, connaître le contexte, les moyens utilisés, les stimulis et la considération de l’atmosphère ambiante pour les réaliser.  

Il y a eu de l’espace pour réfléchir, observer et évaluer les actions à entreprendre et penser aux objectifs et défis du Projet de l’Encyclopédie Paysanne.
La démonstration des jeux à la campagne nous a démontré la richesse de la présence simple et sensitive des manières de jouer à la campagne. La sauvegarde des paroles propres va configurer un vocabulaire cajamarquin étendu, patrimoine inégalable de nos communautés. Et la collecte des biens et richesses de la tradition cajamarquine nous montre les différences conceptions que nous avons, dans la société, de la fortune et de la chance.
Cela serait une conception digne d’être étendue dans le monde entier !

La Rencontre de l’Encyclopédie Paysanne nous réinvite  à continuer à chercher, sauvegarder et comme dit notre compagnon Alfredo, Directeur du Projt: “Continuer d’exalter notre propre culture, respecter les différences et restituer la fierté de la communauté ; s’obstiner dans la désaliénation et l’affirmation culturelle ; et lire les textes à travers le monde pour revenir au monde”.  





dimanche 19 août 2018

Rencontre et assemblée



Il y a seulement quelques jours nous avons eu la Rencontre du Projet de l’Encyclopédie Paysanne et l’Assemblée générale du Réseau des Bibliothèques rurales de Cajamarca.
Dans notre siège central, était réunie la famille nombreuse communautaire=bibliothécaire, avec des contes et mémoires vivantes, livres et lectures.
Cela a été comme toujours des moments extraordinaires d’apprentissage et de réflexion ; il s’est transmis la sagesse de l’éducation, le respect pour tout ce qui vit, la chaleur des enseignements mutuels
Pendant ces jours, où les exploitants agricoles andins qui restent réaffirment leurs convictions, leurs enthousiasmes et leurs courages.
Ces moments réavivent les solidarités qui nous Font plus forts, plus heureux, plus persistants: parce que nous sommes plus forts si nous sommes ensemble. Parce qu’une accolade est faite de plusieurs bras.



Des athlètes avec le Réseau


La solidarité est une force qui enthousiasme.

Ainsi nous l’a montré une fois de plus notre camarade Helen Heery: quatre amis ont fait la large Route des deux Châteaux  entre Warwick y Kenilworth, dans le centre de l’Angleterre.
Paul Mansell, John Jones, Huw Davies et Haris Anjum ont offert cet effort fraternel et dynamique pour se solidariser avec notre chemin, avec nos communautés.  
C’est une chance l’existence d’humains avec qui nous nous connaissons depuis toujours sans nous être rencontrés ; parce qu’il n’y a pas de frontières dans cette terre enchantée ; parce que la bonté est une force qui rassemble et partage.


Corruption et justice


Nous ne sortons pas de l’étonnement et de la nausée après avoir entendu les enregistrements des négociations des juges, fiscaux, entrepreneurs et politiciens “remarquables” de la nation.  Les couplets qu’avait écrit notre camarade Alfredo Mires Ortiz il y a quelques temps et que nous avons publié dans le livre “Resuellos” tombent à point. Ici, seulement un extrait de “Un país”(Un pays):

Qué rabia un país en donde       Quelle rage un pays où
el corrupto hace de juez            Le corrompu devient juge
donde la coima es primero         Où la gratification est première
y cualquier cosa después.          Et tout le reste arrive après.

Qué furia un país en donde        Quelle furie un pays où
la vida no vale nada                  La vie ne vaut rien
mientras el crimen pasea          Tandis que le crime passe
la honradez yace postrada.        L’honnêteté se trouve abattue

Qué indignación un país            Quelle indignation un pays
que goza con lo fatal                 Qui jouit avec le fatal
y ver pésimas noticias               Et où voir des mauvaises nouvelles
es deporte nacional.                  Est le sport national

Qué horrible un país en donde    Quelle horreur un pays où
el futuro está empeñado             L’avenir est mis en gage
donde el olvido es la pauta          Où l’oubli est la règle
y el impune anda escoltado.         Et l’impuni marche escorté

Qué angustia da una nación          Quelle angoisse donne une nation
donde la paz es violencia              Où la paix est violence
donde lo bueno es lo malo            Où le bon est le mal
y la ignorancia es la ciencia.          
Et l’ignorance la science

Qué increíble un país                     Que c’est incroyable un pays
que enaltece lo podrido                  Qui exalte le pourri
y que apenas reacciona                  Et qui réagit à peine
cuando todo está perdido.               Quand tout est perdu.


Ici, Jaen



Il n’y  a pas d’excuses pour avoir mis tant de temps à écrire cette note. Même si en vérité cette expérience nous a touchés profondément et laissés enthousiastes et en pleine réflexion.
En avril dernier, lors de l’Assemblée générale du Réseau, nous avons eu la chance de compter sur la présence du professeur Sara Moreno, de l’Institut Supérieur Pédagogique “Víctor Andrés Belaúnde”, de la province de Jaén.
Motivée par cet échange, Sara a proposé de réaliser une réplique de cette immersion, et ainsi, début juin, quarante-sept étudiants et deux professeurs sont venus s’immerger quatre jour avec nous.
Le désapprentissage a commencé du nettoyage du local jusqu’au débat de fond sur les thèmes programmés. Et la communion que cela a révélé et rebellé.
Les habitants des communautés, maîtres de l’humilité et de la sagesse, ont accompagné ce défrichage du chemin qui est si urgent. Cette rencontre a été une semence dans cette ferme de l’espérance. Ici palpitent toujours nos remerciements.

 

mardi 17 juillet 2018

Ecouter les voix primitives


Les familles des communautés appartenant au Réseau des Bibliothèques Rurales se nourrissent de la sagesse de la culture andine, cosmovision qui implique  une expérience intrinsèque et sensitive avec la nature.
Pour cela, l’éducation et l’attention à chaque chose sont des pratiques quotidiennes dans les communautés campagnardes ; il s’agit d’une relation affective au monde, c’est-à-dire, aux mondes : celui d’ici, de l’intérieur, celui d’en haut et celui de l’au-delà.
Cette expansion du milieu naturel amène une attitude révérencielle, rituelle et de plein échange avec les autres êtres pas seulement la communauté humaine: ils connaissent les plantes, les nuages, les apus (dieux de la montagne), la ferme, les lacs, les rivières, toutes les personnes de ces mondes qui composent la culture primordiale andine.  
On vit, on converse et on apprend de l’authentique filiation avec elle ; la pachamama est en tout ce qui existe, en ce que l’on voit et ce que l’on ne peut voir, en ce que nous partageons et appuyons, parce que tous nous sommes terre, tous nous sommes communauté.
Aussi maltraiter, exploiter, salir et contaminer la terre est l’affront le plus grand que nous faisons à la nature.
Ecouter les voix de la culture andine nous permet de recommencer à nous synchroniser avec les voix des cultures, le son et le sens des vents et de la pluie, les chants qui engendrent la vie communautaire, la vie simple et pleine ; la vie diverse, plurielle et heureuse des gens de la campagne.




Bilans de lecture


Les lectures, les lecteurs et les formes de lire à la campagne continuent à nous montrer le dynamisme qui vit au sein du Réseau des Bibliothèques rurales de Cajamarca.
Par conséquent, comme dit notre compagnon Alfredo Mires Ortiz: “La lecture n’est pas un exercice académique, ce n’est pas pour avoir une note: la lecture c’est réveiller la capacité de lire le monde et, à travers de cette lecture, lire les livres”.
Unies à la lectures que les paysans cajamarquins font de la nature, ce sont les lectures qui font les livres. Nous voulons mettre en avant Fernando Alexis, âgé de 11 ans, de la province de Chota, qui est un des lecteurs les plus assidus de la bibliothèque rurale de sa communauté.  
Si la lecture, comme nous l’enseigne Alfredo, “doit être une passion constante », c’est bien ce que nous enseignent les bibliothèques des provinces de Hualgavoc et Cutervo qui dans leurs lecteurs constants ont des enfants et jeunes entre 7 et 18 ans, et aussi un bon nombre de personnes entre 19 et 35 ans.
La famille Cieza, à Hulgayoc, excelle par la quantité de livres qu’ils sollicitent et lisent. Don Anaximandro Velarde, bibliothécaire de sa communauté, se distingue comme un lecteur infatigable.
Pour sa part, l’un des secteurs de la province de Contumaza, enregistre un nombre important de lecteurs de 61 ans.
Ces nouvelles nous amènent à continuer à animer les pratiques de lecture à la campagne ; grâce à nos bibliothécaires et coordinateurs, hommes et femmes, enfants, jeunes et adultes qui impulsent l’échange des livres, les cercles de lecture et la lecture nutritive » qui nous apporte à « lire notre propre réalité, mettre ce que nous savons au service des gens et être humble ». La lecture « doit être une proclamation de liberté, pour croître, pour imaginer un monde meilleur ».


Idées et cravates


Juste au cas où, il y a quelques jours cette nouvelle est sortie dans les médias:
Les scientifiques révèlent les effets négatifs que peut entraîner l’utilisation de la cravate sur le cerveau.  
Un groupe de scientifiques allemands a révélé que les cravates ajustées réduisent le flux de sang au cerveau en écrasant les veines du cou. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la Neuroradiologie.  Robin Lüddecke, de l’Hôpital Universitaire de Schleswig-Holstein, en Allemagne, et ses collègues ont scanné le cerveau de 15 jeunes homme sains avant et après avoir mis une cravate.
Chaque participant a reçu comme instruction de faire un nœud de Windsor et de l’apprêter au point d’une légère incommodité. Juste après que les hommes aient fait le nœud, le flux de sang allant à leur cerveau a diminué de 7,5% en moyenne.  Ils n’ont pas observé de changement du flux sanguin quand l’expérimentation s’est répétée avec 15 hommes qui n’avaient pas de cravate.
Les scientifiques ont trouvé que l’utilisation d’une boucle comprime les veines du cou, empêchant le sang d’aller au crâne et créant une accumulation de pression. Il est très probable que cette pression additionnelle écrase les vaisseaux sanguins du cerveau et réduise le flux sanguin, a dit Lüddecke”.
Maintenant on peut mieux comprendre certaines blagues…




Heart Links à Cajamarca


Chaque année le groupe d’amis Heart Links – Liens de cœur, une organisation fraternelle dont le siège est à London, dans l’Ontario au Canada, nous rend visite. Depuis plus de vingt ans ils travaillent, avec amitié et accompagnement, avec le Réseau des Bibliothèques Rurales.  Ellos trabajan hace más de veinte años a través de la amistad y el apoyo, también con la Red de Bibliotecas Rurales.
Chaque année ils organisent un voyage solidaire au Pérou pour offrir aux résidents canadiens l’opportunité de visiter, connaître et participer avec des entités et amis péruviens à mieux comprendre notre réalité. De cette manière, au retour au Canada, avec l’appui des participants au voyage, ils réussissent à augmenter la prise de conscience au Canada sur la problématique sociale, environnementale et politique du Pérou.  
En juin, nous avons eu une autre fois la visite de quelques amies de Heart Links. Cécilia, Janet, Julia, Melissa et Sheila nous ont raconté la situation du Canada, ont écouté ce que nous racontions des actions des Bibliothèques, nous ont appuyé à la préparation des livres pour l’espace d’échange du Réseau, ont connu quelques lieux de Cajamarca, ont partagé les repas, les chants et discussions avec nous.  Un partage fécond nous encourage toujours.